Paris, le 19 juillet 2026
Titulaire d’un statut consultatif spécial auprès de l’ECOSOC, la CAP LC (Coordination des Associations et des Particuliers pour la Liberté de Conscience) a soumis au Conseil des droits de l’Homme des Nations Unies une déclaration écrite portant sur les conséquences, à l’échelle internationale, de la stigmatisation dont feraient l’objet les membres de Shincheonji Église de Jésus.
L’organisation observe que des éléments diffusés depuis la Corée du Sud pèsent désormais sur certaines décisions administratives visant cette communauté chrétienne dans divers pays. Elle appelle les autorités à fonder leurs décisions sur des faits solidement établis et vérifiables, conformément aux exigences de l’État de droit.
Au-delà de ce cas précis, la CAP LC soulève une interrogation plus vaste : est-il légitime qu’une minorité religieuse soit jugée à partir de perceptions contestées plutôt que d’éléments objectifs ?
Des conséquences ressenties hors de Corée du Sud
L’organisation cite plusieurs situations recensées en Europe. Au Royaume-Uni, elle relève le refus des autorités d’enregistrer Shincheonji comme organisation caritative, une décision accompagnée du terme « secte », qu’elle juge susceptible de nourrir une image défavorable du mouvement. En Allemagne et dans les pays germanophones environnants, la CAP LC fait état de discriminations touchant certains fidèles dans leur emploi et leurs relations sociales, dans un climat marqué par une médiatisation peu favorable et la sortie, en 2025, d’un livre critique.
Selon l’ONG, ces cas montrent comment des appréciations reposant sur des sources à la fiabilité discutable peuvent entraîner exclusion sociale, atteinte à la réputation et entraves à la liberté religieuse.
Le dossier judiciaire sud-coréen
La déclaration revient également sur la situation de Lee Man-hee, 95 ans, président de Shincheonji, actuellement en détention dans le cadre d’une enquête portant sur d’éventuelles infractions à la réglementation sur les partis politiques. Un mandat d’arrêt a été délivré le 24 juin, suivi d’une mise en examen le 29 juin.
Sans prendre position sur le fond de l’affaire, la CAP LC insiste sur le respect dû à la présomption d’innocence et rappelle que toute privation de liberté doit répondre aux principes de nécessité et de proportionnalité. Elle s’interroge sur la nécessité de maintenir en détention une personne de cet âge, alors qu’une grande partie des preuves matérielles semble déjà réunie.
Une problématique commune à toutes les minorités religieuses
Pour la CAP LC, ce dossier dépasse largement le cas de Shincheonji. L’organisation invite les États, les juridictions et les institutions internationales à revoir les critères utilisés pour juger les minorités religieuses, et à s’assurer que chaque décision repose sur des preuves solides et vérifiables. Elle rappelle enfin que la liberté religieuse, l’égalité devant la loi et le droit à un procès équitable comptent parmi les fondements incontournables de toute société démocratique.
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Article de Massimo Introvigne










