Le fait remonte au 7 février, mais la nouvelle se répand comme une traînée de poudre sur Internet ces dernières semaines seulement : ce jour-là, la gendarmerie de Keur Massar, dans la zone orientale de Dakar, a arrêté douze hommes sénégalais pour association de malfaiteurs, transmission intentionnelle du VIH par rapports sexuels non protégés, mise en danger de la vie d'autrui et actes contre nature, expression qui, dans le langage du code pénal sénégalais, est utilisée pour désigner les relations entre personnes du même sexe. Parmi les personnes interpellées figurent également des personnes connues du grand public, comme l'animateur Pape Cheikh Diallo et le chanteur Djiby Dramé.
📌L'artiste Djiby Dramé arrêté pour faits d'homosexualité par la brigade de recherche de la compagnie de gendarmerie de Keur. https://t.co/35ACNdSsTJ pic.twitter.com/BasPQgUi0w
– Cartes Cissé (@Cisse_Maps) 7 février 2026
Sénégal, plus de 30 hommes arrêtés pour homosexualité : le code pénal prévoit jusqu'à 10 ans de prison
L'enquête, baptisée « Affaire Pape Cheikh Diallo et associés », s'est ensuite élargie et a conduit à l'arrestation de plus d'une trentaine de personnes, parmi lesquelles des personnalités publiques, des entrepreneurs et de simples citoyens. Parmi eux, outre l'animateur et le chanteur cité plus haut, il y a aussi le journaliste Pape Biram Bigué Ndiaye. Les hommes arrêtés ont été déférés devant le tribunal judiciaire de Dakar et incarcérés à la prison de Rebeuss.
A la base de cette nouvelle vague de répression se trouve une loi qui criminalise les relations homosexuelles au Sénégal, à savoir l'article 319 du Code pénal (en vigueur depuis 1965) qui prévoit jusqu'à dix ans de prison et une amende pour ceux accusés d'« actes contre nature ». La loi ne parle pas formellement d'orientation, mais dans la pratique elle peut être utilisée contre des personnes soupçonnées d'être homosexuelles même sur la base de plaintes, de rumeurs ou de simples soupçons. Cette loi a ensuite été renforcée le 18 février avec l'adoption d'un projet de loi qui prévoit également des sanctions plus sévères pour ceux qui « promeuvent » ou « soutiennent » l'homosexualité à travers des images, des discours, des écrits ou des réseaux sociaux.
Le Sénégal est officiellement un État laïc, mais environ 93 % de la population est musulmane et le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko sont également musulmans et ce dernier a pris ces dernières années des positions très dures contre la pression internationale en faveur des droits LGBTQ+.
Ces derniers mois, au Sénégal, d'autres perquisitions majeures ont eu lieu qui ont conduit à l'arrestation de nombreuses femmes et d'autant d'hommes coupables, selon le parquet, d'être homosexuels.
Le climat dans ce pays, du point de vue des droits LGBT+, est désormais insupportable. Mais, pour terminer sur une plaisanterie, je peux dire que les Sénégalais, bien que fans de Barbara d'Urso, ne se sont jamais appropriés sa campagne historique contre l'homophobie. Au contraire.
Barbara d'Urso est aussi célèbre au Sénégal : « Ils s'inspirent d'elle » https://t.co/j0PHDMTwkT
– BICCY.IT (@BITCHYFit) 18 août 2026










